News - 02.02.2026

Yadh Ben Achour : Le déclin de l’universalité des droits de l’homme (texte intégral)

Yadh Ben Achour : Le déclin de l’universalité des droits de l’homme (texte intégral)

Dans une communication présentée vendredi 30 janvier 2026 lors des XIV èmes Journées Abdelfattah Amor, le professeur Yadh Ben Achour a analysé les facteurs de déclin des droits de l’homme et ses multiples expressions. Après avoir rappelé que ces droits reposent historiquement sur un idéal universaliste issu du droit naturel et de la philosophie antique, il a souligné que leur universalité proclamée s’est heurtée à un écart constant entre principes et réalité historique. Il estime que les technologies, la surveillance et le populisme accélèrent le déclin des libertés et de la démocratie. L’universalisme occidental, a relevé le professeur Ben Achour, s’est souvent accompagné de colonisation, racisme et domination, discréditant son autorité morale. Affirmant que Gaza symbolise une rupture majeure, il a déploré que malgré le droit international, l’impunité actuelle détruit la confiance mondiale dans les droits humains, même si ceux-ci restent un refuge ultime.

(...) Le véritable déclin des droits de l’Homme est venu avec la situation de Gaza, à partir de la réponse disproportionnée d’Israël aux attaques du Hamas, le 7 octobre 2023. 
Pour l’opinion arabe et musulmane quasiment unanime et pour une large partie de l’opinion mondiale, Gaza a enterré les droits de l’Homme. Quand on en parle, on reçoit en retour un ricanement qui ne vise pas d’ailleurs exclusivement l’État israélien, mais l’ensemble du monde occidental. Malgré les ordonnances rendues le 21 novembre 2024 par la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale, malgré les avis et décisions  de la Cour internationale de justice, notamment les ordonnances du 26 janvier 2024, du 28 mars 2024 et du 24 mai 2024, malgré les dénonciations du Secrétaire général des Nations unies et de certains Etats, y compris d’ailleurs certains Etats  occidentaux, le massacre et le génocide se sont accomplis. En un mot, après Gaza, plus de foi en les droits de l’Homme.  

Les droits déclinent mais ne disparaîtront jamais, affirme Yadh Ben Achour : les droits restent un refuge éternel contre la souffrance, portés par l’éthique de l’indignation et les soulèvements humains à travers l’histoire.

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