Ce n’est plus la loi de la jungle, c’est pire, c’est la loi de Trump !
Par Mohamed Ibrahim Hsairi - Durant les quinze premiers mois de son second mandat, l’«extravagant» président des Etats-Unis Donald Trump s’est acharné à imposer au monde entier, non pas un retour à la loi de la jungle, mais pire et plus grave, une nouvelle loi que l’on peut appeler «la loi de Trump».
Bien que cette «loi de Trump» n’ait pas encore pris sa forme définitive, et qu’elle continue à germer progressivement, au gré des agissements quotidiens de son initiateur, souvent brusques et imprévisibles, il est de plus en plus clair que le président américain cherche, à travers sa manière particulière de conduire les affaires intérieures des Etats-Unis et de gérer leurs relations extérieures et les affaires internationales, à mettre en place une véritable stratégie de dissuasion militariste qui consiste à menacer d’utiliser la force, et à l’utiliser, si nécessaire, afin d’obliger les adversaires et les ennemis, voire parfois les partenaires et les alliés à se soumettre à ses desideratas, même les plus capricieux et impulsifs.
Ainsi, certains traits distinctifs de cette «loi de Trump», commencent, d’ores et déjà, à être identifiables.
En voici, à ce stade et à mon point de vue, les plus importants:
Dorénavant, et depuis l’attaque du Venezuela et l’enlèvement de son président le 4 janvier 2026, puis la guerre ouverte menée conjointement avec Israël contre l’Iran depuis le 28 février 2026, les Etats-Unis s’arrogent le droit d’attaquer n’importe quel pays du monde et de le décapiter par le kidnapping de son chef d’état, ou par l’assassinat pur et simple de ses dirigeants et de ses élites politiques et militaires…
Pour ce faire, ils se permettent et sont fiers d’user de toutes les méthodes obscures des services de renseignement y compris la mobilisation des moyens technologiques et des systèmes de suivi les plus sophistiqués dont ils disposent.
Concomitamment, les Etats-Unis s’octroient le droit de choisir et d’imposer au pays attaqué sa nouvelle direction. Sinon, au moyen d’une stratégie maximaliste de décapitation systématique, ils n’hésiteront pas à éliminer toute nouvelle direction qui est choisie par le régime en place, car elle ne répond pas à leurs exigences.
En outre, considérant qu’ils sont toujours et qu’ils entendent demeurer perpétuellement l’unique, ou du moins la première superpuissance du monde, ils s’attribuent le droit de recourir à l’usage de la force comme ils le veulent, au moment où ils le veulent et contre qui ils le veulent, sans avoir besoin de revêtir leur comportement foncièrement belliqueux et illégitime, d’un semblant de légitimité internationale.
Ce bafouement réfléchi et délibéré du droit international risque de devenir la règle, d’autant plus que la communauté internationale reste, jusqu’ici, passive et resignée à son égard.
D’autre part, à la faveur de leur alliance inconditionnelle avec Israël, les Etats-Unis entérinent et justifient la politique guerrière israélienne, le génocide et le nettoyage ethnique comme ultimes moyens d’enterrer définitivement la cause palestinienne.
Cet entérinement est l’expression la plus aiguë de leur bénédiction et de leur soutien total à la guerre génocidaire qu’Israël continue à mener depuis trente mois à Gaza.
C’est pourquoi il est à craindre qu’encouragé par cette attitude américaine, Israel soit tenté d’étendre la guerre à la Cisjordanie, où les autorités israéliennes en connivence avec les colons ont déjà commencé à préparer les esprits et à déblayer le terrain en vue de l’annexer au «Grand Israël», après l’expulsion de ses habitants palestiniens.
Il va sans dire que les Etats-Unis sont en train d’accompagner et de soutenir la stratégie génocidaire israélienne par tous les moyens possibles et particulièrement par la répression du mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien.
De surcroît, les Etats-Unis qui légitiment leur ingérence de plus en plus agressive notamment en Amérique latine et plus largement dans ce qu’ils appellent l’hémisphère occidental, encouragent et appuient la politique guerrière et expansionniste d’Israël qui se traduit par l’élargissement de ses opérations militaires jusqu’au Yémen et en Iran, et la multiplication de ses frappes au Liban et en Syrie…
Enfin, et sur un autre plan, il faut noter que l’«extravagant» président des Etats-Unis Donald Trump s’est attaqué, dès les premiers jours de son second mandat, à la structure mondialisée de l’économie internationale par la déclaration d’une guerre commerciale, tous azimuts, à l’encontre du monde entier, y compris les partenaires et les alliés de son pays.
Outre les mesures protectionnistes croissantes qu’il ne cesse de prendre unilatéralement, il a fait montre d’une voracité insatiable pour les ressources stratégiques (surtout en Afrique et en Amérique latine), et a replacé les énergies fossiles au centre de sa stratégie qui vise à contenir la montée de ses concurrents, et surtout de la Chine.
Nonobstant qu’elle aggravera les problèmes environnementaux de la planète, et entraînera des catastrophes socio-environnementales qui auront des répercussions néfastes sur la géopolitique mondiale, cette politique américaine que d’aucuns qualifient de destructrice, constitue, surtout, un motif d’escalade des guerres commerciales et des conflits géopolitiques et économiques qui risquent de devenir un élément marquant de la période à venir.
En tous les cas et pour conclure, l’on peut affirmer, sans risque d’erreur, que l’ordre international fondé sur des règles est en extinction, et qu’au nouvel ordre international que les BRICS et le sud global souhaitent et cherchent à mettre en place, les Etats-Unis veulent opposer cette «loi de Trump» , qui, se basant sur les fameux slogans «America first» et «Make America Great Again» et avec l’aide du «Conseil de la Paix» récemment crée par le président américain Donald Trump, est vouée à permettre aux Etats-Unis de maintenir, aussi longtemps que possible, leur domination sur le monde.
Cependant, compte tenu des risques que l’imposition de cette loi est susceptible de faire encourir au monde, la question qui se pose est: l’«extravagant» président des Etats-Unis Donald Trump pourra-t-il, malgré toute son extravagance, l’imposer la communauté internationale?
La réponse à cette question fera l’objet de mon prochain article.
Mohamed Ibrahim Hsairi