De l’Empire safavide à la République islamique: Les moments charnières de l’histoire moderne et contemporaine de l’Iran
Par Mohamed-El Aziz Ben Achour
Décembre 1501-1524: Ismaïl 1er Chah al-Safawî (safavide ou encore séfévide) et la naissance de l’Etat chiite en Perse
Cet empereur était l’arrière-petit-fils de Safii- al- Dîn al Ardabîlî, fondateur en 1293 d’un mouvement mystique soufi d’obédience sunnite, créé à Ardabil (Nord-ouest de l’Iran). Cet ordre confrérique s’appuyait sur une force militaire composée de cavaliers turkmènes, les Qizilbâsh. En 1501, Ismaïl réussit à s’emparer du pouvoir et à étendre son autorité sur un territoire immense qui, à son extension maximale en 1512, couvrait l’Iran actuel, l’Irak, l’Afghanistan, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, l’Azerbaïdjan et une grande partie du Caucase et de la Géorgie. L’Iran (notons qu’il conviendrait de dire la Perse, qui n’allait s’appeler officiellement l’Iran que bien plus tard, en 1935) renouait avec un brillant passé impérial qui fut le sien avant la conquête musulmane. La Perse devenait du même coup une des grandes puissances du monde avec ses voisins, l’Empire ottoman et l’Empire mongol. Comme on l’imagine aisément, l’Etat safavide se trouva bientôt en conflit d’intérêts avec le Sultanat ottoman, alors à son apogée, particulièrement sous le règne de Soliman le Magnifique (1520-1566). Dans cette rivalité pour la suprématie dans la région, Ismaïl Chah pensa que pour assurer la cohésion de son empire, il fallait établir une différence marquée entre l’Etat safavide et l’Empire ottoman et susciter, de la sorte, chez ses sujets un sentiment d’entité distincte. Aussi décida-t-il, alors que, jusque-là, il était lui-même sunnite, de décréter le chiisme religion d’Etat, soulignant ainsi sa différence avec la Turquie qui portait haut l’étendard du sunnisme. Comme les chiites étaient minoritaires en Perse, il fallut mettre en œuvre une politique de conversion à large échelle qui aboutit au bouleversement de la répartition confessionnelle au détriment des sunnites.
De nombreuses guerres ayant eu pour théâtre le Caucase et l’Anatolie émaillèrent les relations entre les deux Etats. Le prétexte – classique- en fut, généralement, l’accusation d’ingérence dans les affaires internes de l’autre. A la mort d’Ismaïl, survenue en 1524, son fils Tahmasp lui succède. Il réussit tant bien que mal à maintenir l’unité de son empire et la stabilité de son trône malgré les revers subis face à Soliman. Les avancées ottomanes sont confirmées par la Paix d’Amasya en 1555. L’Empire turc reçoit le Kurdistan, l’Arménie occidentale et l’Irak, y compris les deux villes saintes chiites de Najjaf et Karbala. Les Safavides récupèrent Tabriz et les provinces caspiennes. Mais la dynastie est en difficulté. Lorsqu’Abbès (troisième successeur de Tahmasp) accède au pouvoir en 1587, la moitié de l’empire est occupé par ses adversaires. Energique et habile, il entreprend de restaurer la grandeur de son pays. Afin d’avoir la paix à l’ouest, il signe avec la Turquie un traité défavorable. A l’est, il se bat durant plusieurs années contre les confédérations tribales ouzbèkes et finit par les vaincre. Il s’attaque alors aux Ottomans, les refoule de l’Iran occidental, s’empare de Diyârbakir dans le sud–est de la Turquie puis de Bagdad. Après diverses batailles dans le Caucase et en Irak, les deux belligérants signent, en 1639, le traité de Qasr-i-Shirin délimitant des frontières qui allaient demeurer inchangées jusqu’au début du XXe siècle.
A propos des guerres turco-perses, il convient de souligner que l’aspect religieux ne fut jamais la cause des affrontements. Il s’est toujours agi de rivalités géopolitiques entre deux puissances soucieuses avant tout de se protéger ou de s’étendre. En fait d’antagonismes religieux, l’Iran chiite et la Turquie sunnite eurent, plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles un ennemi commun: le radicalisme armé wahhabite venu d’Arabie.
Outre les Ottomans, l’Empire safavide eut pour grand rival la Russie. A l’issue de la guerre de 1722-1723, la Perse perd Derbent, Bakou et cinq provinces caspiennes. La dynastie est de plus en plus fragile; d’autant qu’au plan intérieur s’accumulent les désordres et les rébellions. Ispahan (devenue capitale en1598, après Tabriz et Qazvin) est prise par les insurgés afghans en 1722.
En 1736, la dynastie safavide s’effondre au bout de 235 années de règne. Les Turkmènes afsharides régnèrent alors sur la Perse jusqu’en 1749. De 1750 à 1794, les Zand-s dominent l’Ouest iranien tandis que l’Est est gouverné par l’Empire afghan, d’ethnie pachtoune, qui s’étend jusqu’au nord de l’Inde.
1794-1925: la dynastie Qadjar ou la Perse secouée par le Grand Jeu
Les Qadjar, d’origine turkmène, sont issus des fameux Qizilbâsh-s, jadis fer de lance du mouvement safavide. Un membre de cette tribu, Agha Mohammad Khan Zadeh (1742-1797), eunuque de la dynastie Zand, entre en rébellion, réussit à s’emparer du pouvoir en 1794 et se faire couronner chah en 1796. Guerrier redoutable et homme politique avisé, il réussit à reconquérir des territoires et à réunifier l’empire. Il est cependant assassiné en 1797. Son neveu, Fath Ali Chah Qadjar, lui succède.
Ici, comme ailleurs en Orient, les velléités de modernisation se trouvèrent handicapées par un pesant héritage despotique, des intrigues de cour et une société crispée sur ses usages ancestraux. La dynastie Qadjar eut surtout à faire face aux effets délétères de l’impérialisme européen et de la compétition en Asie centrale entre les puissances étrangères, en l’occurrence, la Grande-Bretagne et la Russie. Cette rivalité coloniale et diplomatique est connue dans l’histoire sous l’appellation de Grand Jeu (Great Game), terme popularisé par Rudyard Kipling dans son roman Kim.
La guerre opposant la Perse à la Russie et les traités de 1812 et 1828 font perdre aux Qadjar leurs possessions du Caucase. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les Russes les contraignent à abandonner tous leurs territoires d’Asie centrale, tandis que les Anglais les empêchent de reprendre leurs anciennes dépendances afghanes, perdues depuis les Safavides.
Dans le contexte bien connu de l’impérialisme du XIXe siècle, les réformes dans divers domaines (dont celui de l’enseignement, de la justice et de la fiscalité) tentées par un Nasser-ed-dîn Chah (1848-1896) sont surtout mises à profit par la Grande-Bretagne pour inciter le souverain à ouvrir son pays au commerce extérieur. Des concessions sont ainsi accordées à des compagnies anglaises. Cette orientation suscite toutefois le mécontentement des artisans et marchands, lésés par la concurrence des produits manufacturés. En 1891-92, le monopole du tabac accordé à un entrepreneur britannique suscite une révolte, appuyée par les mollahs, obligeant le gouvernement à faire machine arrière.
Entre 1905 et1911, un mouvement connu sous le terme de «Révolution constitutionnelle» réclame une constitution et un Majlis (parlement). Une constitution libérale est accordée en 1906 par Mozafer Chah qui meurt peu après. Son fils et successeur Mohammad Ali s’oppose à tout cela et dissout l’Assemblée en juin 1908. Une année plus tard et à l’issue d’âpres combats, eut lieu le «Triomphe de Téhéran» des constitutionnalistes et l’exil de Mohammad Ali Chah. Le deuxième Majlis est convoqué en août 1909. Fin 1911, inquiètes des désordres consécutifs aux divisions qui minent le Majlis, la Russie et la Grande-Bretagne envoient des troupes. La seconde Assemblée est dissoute le 24 décembre, événement qui met fin à la période de la Révolution constitutionnelle.
Sur le plan économique, la découverte du pétrole en 1908 profite principalement à l’Anglo-Persian Oil Company (APOC), créée en 1909. En termes de souveraineté, cette nouvelle ressource énergétique allait entraver durablement le pouvoir de décision de l’Etat.
Au sortir de la Première Guerre mondiale, la Perse est une nation épuisée, occupée par les troupes étrangères et menacée par l’expansion bolchévique. «C’est dans ce contexte, nous dit l’historien Yann Richard, qu’en 1921, les Britanniques, soucieux de protéger la route des Indes et leurs intérêts pétroliers, favorisent l’ascension d’un colonel, Reza Khan, lequel marche sur Téhéran et y décrète l’état de siège ». En 1925, alors que le monarque est en visite en Europe, la dynastie Qadjar est déposée. Reza Khan devient Reza Chah et fonde la dynastie Pahlavi.
1925- 1979: les Pahlavi, heurs et malheurs d’un despotisme modernisant
Reza Chah, s’inspirant de l’expérience de Mustafa Kemal Attatürk, veut redonner à la Perse (qui devient officiellement l’Etat impérial d’Iran en 1935) sa grandeur passée en instaurant un pouvoir fort et en imposant une modernisation à marche forcée à l’ombre d’un Etat répressif, appuyé sur la force armée. Soupçonné de sympathie pour le régime hitlérien, il est déposé en 1941 par les Soviétiques et les Britanniques et remplacé par son fils, le jeune Mohammad Reza (1919-1980). Ce dernier poursuit l’entreprise de modernisation commencée par son père. Toutefois, elle ne touche qu’une partie de la société et ne rompt pas avec une conception despotique du pouvoir. En outre, les options ouvertement pro-occidentales contribuent à entretenir une opposition apparue dès les premières années de la dynastie ; en particulier à cause des mesures souvent brutales prises à l’encontre du clergé chiite et des communautés tribales réfractaires à la nouveauté.
En 1951-52: la dynastie connaît sa première grave secousse. Elle est provoquée par la Grande-Bretagne, décidée à éliminer le Premier ministre Mohammad Mossadegh (1882-1967). Artisan de réformes à la fois économiques, sociales et politiques, cet éminent homme de gouvernement était également soucieux de sauvegarder l’indépendance de son pays face aux puissances étrangères. En mars 1951, l’Anglo-Persian Oil Company (devenue Anglo-Iranian) ayant refusé de renégocier les termes du contrat d’exploitation des gisements, Mossadegh décida de nationaliser l’industrie pétrolière et d’expulser les sociétés britanniques de la raffinerie d’Abadan. Il s’ensuivit une crise politique et économique connue sous le terme de «Crise d’Abadan» qui se déroula de 1951 à 1954. Suite logique à la nationalisation, une entreprise publique, la National Iranian Oil Company (NIOC), est fondée par Mossadegh. L’Anglo-Persian, appuyée par le gouvernement britannique, réagit en mettant en place un embargo mondial sur le pétrole iranien qui affecta gravement les exportations et paralysa l’économie du pays.
La réaction anglaise alla plus loin. Le Royaume-Uni, de concert avec les Etats-Unis (à l’origine médiateurs dans le conflit), décide d’évincer du pouvoir le Premier ministre. Du 15 au 19 aout 1953, le MI6 et la CIA mènent, dans ce but, une opération secrète (Opération Ajax). Le 22 août, Mohammad Mossadegh est limogé par le chah et placé en résidence surveillée. Le jour même, Mohammad Reza, qui s’était réfugié en Italie, rentre dans son pays.
A propos de cette crise, il faut rappeler que dans le contexte de la Guerre froide, les pays anglo-saxons redoutaient une «contagion communiste». En effet, l’Urss, qui occupait le nord-ouest du pays de 1941 à 1946, facilita la création du Toudeh (ou Tudeh), le second parti communiste iranien (le premier ayant été créé dès 1920) - naturellement, le Toudeh – bien que réduit à la clandestinité depuis 1949 - joua un rôle non négligeable dans la mobilisation de l’opinion iranienne en faveur de la possession par le pays de ses propres ressources.
De retour à Téhéran, le chah mit en œuvre une politique qui, bien qu’autoritaire (on se souvient de la Savak, sa police politique en charge de la surveillance et de la répression), avait pour objectif d’accélérer la modernisation de l’Iran.
1963: un vaste programme de modernisation économique et sociale connu sous le nom de «Révolution blanche» donne des résultats tangibles dans le domaine agricole, industriel (10% de croissance entre 1965 et 1974) et de l’émancipation (le droit de vote est accordé aux femmes). Toutefois, des déséquilibres affectent la portée du changement, tandis que la réforme foncière provoque le mécontentement des chefs religieux propriétaires de vastes domaines.
1973: L’Iran entre en possession complète de sa production pétrolière
L’opposition gagne du terrain. Malgré l’action clandestine des communistes, elle prend rapidement le caractère d’un mouvement à la fois révolutionnaire et religieux. Le rôle du clergé ne cessa de croître sous le leadership des hautes autorités religieuses : les ayatollahs. Le plus célèbre fut Rouhallah Moussavi Khomeini (1902-1989). .jpg)
Janvier 1978-février 1979: Révolution islamique
L’opposition à la politique du chah, à l’impérialisme américain mais également aux mesures qui limitaient les pouvoirs des religieux, n’a jamais cessé depuis la crise d’Abadan. Elle prend une ampleur croissante face aux arrestations arbitraires, aux tortures et aux exécutions dont sont victimes les nationalistes républicains, les communistes et les islamistes. A partir de janvier 1978, des manifestations éclatent dans plusieurs villes. Le 19 août, cherchant à l’imputer au régime et à ses sbires, les islamistes provoquent l’incendie d’un cinéma d’Abadan qui causa la mort de 477 personnes. Le 8 septembre, c’est le Vendredi noir à Téhéran. Les affrontements font 88 morts parmi les manifestants et les forces armées. En tout état de cause, la rupture de la société avec la monarchie des Pahlavi était dès lors consommée. En octobre 1978, la grève générale paralyse le pays. Le 16 janvier 1979, Mohamed Reza Chah quitte l’Iran. Le 1er février, l’Ayatollah Khomeini est triomphalement accueilli à Téhéran après un exil de 14 ans en Irak et en France.
1979 à nos jours: République Islamique d’Iran
Le 11 février: l’Ayatollah prend le pouvoir, proclame la fin de la monarchie et l’instauration de la République islamique
3 décembre 1979: le poste de Guide suprême, plus haute autorité politique et religieuse du pays, est créé donnant au nouveau régime un caractère théocratique s’appuyant sur le concept de wilâyat-al-faqîh (gouvernement de celui qui connaît le droit religieux). Son premier titulaire est Khomeini qui l’occupera jusqu’à sa mort survenue en juin 1989.
25 janvier 1980 : Abolhassan Bani Sadr (1933-2021) est élu premier président de la république avec 76,5 % des suffrages contre 4% pour le candidat des religieux. Ses convictions démocratiques et sa popularité gênent les islamistes radicaux dans leur programme d’un Etat théocratique. Leur conspiration aboutit à sa destitution en juin 1981.
Rouhollah Khomeini est certes la figure la plus populaire, mais des dizaines de groupes révolutionnaires autres que religieux ont joué un rôle dans la chute du régime impérial et entendent, donc, participer à l’édification de la république: libéraux, laïques, marxistes et anarchistes. Leur mise au pas est confiée au Corps spécial des Gardiens de la Révolution Islamique (Sepâh –e Pasdaran) créé en 1979 et qui relève directement du Guide suprême. Cette milice, lourdement armée et bien équipée, investit l’ensemble des rouages et procède à une épuration sanglante. Au lendemain de la guerre Iran-Irak, en 1988, sur ordre de Khomeini, des milliers de prisonniers politiques, pour la plupart membres de l’organisation de gauche « Moujahidine du peuple iranien » (OMPI, accusés de complicité avec Saddam Hussein), ainsi que des communistes du Toudeh, et des militants de partis kurdes laïques et démocratiques sont exécutés. Le dirigeant de l’OMPI, Messaoud Radjavi, s’exile en Irak puis en Europe. Ce massacre organisé aurait fait entre 2 500 à 30 000 morts.
Novembre 1979- janvier 1981 : crise des otages américains à l’ambassade de Téhéran
Au plan des relations extérieures, la République islamique affiche d’emblée un antiaméricanisme radical. Sa première manifestation fut l’assaut donné à la l’ambassade et la prise en otage du personnel qui s’y trouvait. Pendant 444 jours, cinquante-deux diplomates et agents sont retenus par des étudiants iraniens. Leur revendication est l’extradition du chah vers l’Iran et la reconnaissance par Washington que l’Opération Ajax était une faute. On accusa également le personnel de chercher à détruire des preuves que l’ambassade était un centre d’espionnage. La mort de Mohammad Reza, survenue en Egypte le 27 Juillet 1981, facilite l’action des médiateurs et les otages sont libérés. A la suite de la crise, l’ambassade US est supprimée et les relations diplomatiques entre les deux pays rompues.
22 septembre 1980-20 août 1988: guerre Iran-Irak. L’invasion des armées de Saddam Husseïn est stoppée. L’Iran ne ploie pas mais l’issue militaire demeura indécise. Les pertes militaires et civiles des deux camps sont estimées entre 600 000 et 1 200 000 morts.
Le programme nucléaire iranien, initié dès 1950 par le chah avec l’aide des puissances anglo-saxonnes, a été repris par la république islamique avec l’assistance de la Russie et sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Alors que des négociations américano-iraniennes au sujet du nucléaire et de l’assouplissement des sanctions, commencées en avril, étaient en cours, Israël lance, le 13 juin 2025, une attaque contre le territoire iranien. Les affrontements durèrent douze jours. Dans la nuit du 21 au 22 juin, des frappes américaines massives censées désorganiser l’infrastructure consacrée aux recherches et à la production d’uranium enrichi qui, une fois abouties, permettraient à l’Iran d’avoir la bombe, ont été menées. L’Iran a riposté en frappant Israël au moyen de drones et de missiles. Le 24, un cessez-le-feu complet et total est approuvé par les deux Etats.
2026: attaque israélo-américaine et conflit en cours
Le 28 février, six semaines après la brutale répression des manifestations antigouvernementales en Iran et malgré la tenue de négociations indirectes sous l’égide du Sultanat d’Oman, la République islamique subit une violente attaque israélo-américaine appuyée sur un impressionnant déploiement maritime et aéronaval US. Les frappes atteignent différentes villes et tuent des civils mais également de hauts dirigeants dont le Guide suprême Ali Khamenei. Les représailles iraniennes par drones missiles et missiles balistiques, souvent efficaces, atteignent Israël et des bases américaines et étrangères dans les pays du Golfe. A l’heure où nous écrivions ces lignes, le conflit est en cours.
Mohamed-El Aziz Ben Achour